FIBD Angoulême 2011 – Conférence

L’événement

À l’occasion du Festival International de la Bande-Dessinée d’Angoulême 2011, Morgan Magnin a été invité à intervenir sur une table-ronde consacrée au thème « Violence et manga ».

Nos photos de l’événement

La table-ronde

Morgan Magnin a été invité par Yvan West Laurence (co-fondateur du magazine AnimeLand, éminent connaisseur de la culture populaire asiatique) à intervenir sur une table-ronde consacrée au thème « Violence et manga ». Il avait à ses côtés, pour l’occasion, Pascal Lafine (co-créateur d’AnimeLand, directeur éditorial des éditions Tonkam) et Nicolas Penedo (journaliste à AnimeLand). Erwan Le Verger (conseiller artistique du festival d’Angoulême pour le manga) suivait le débat et est intervenu, vers la fin, pour en proposer une synthèse et faire émerger quelques idées complémentaires. Cette rencontre avait lieu le samedi 29 janvier, à 16h, en plein cœur de l’espace Mangasie, avec un public nombreux et attentif.

Au cours de cette rencontre animée par Yvan West Laurence, nous avons proposé au public d’explorer la représentation de la violence dans la bande-dessinée japonaise. Pour entamer le débat, il était difficile de ne pas revenir sur les erreurs de programmation de certains dessins animés japonais (Hokuto no Ken diffusé dans le Club Dorothée en plein mercredi après-midi). Une fois cette incompréhension historique évoquée, le propos s’est attaché à comprendre l’origine de cette violence. Nous avons ainsi évoqué l’histoire du Japon(le Bushido, mais aussi l’impact d’événements tels que les catastrophes naturelles, la bombe atomique ou encore l’occupation américaine), les spécificités narratives du manga (le cadrage qui projette le lecteur au cœur de l’action, le rythme feuilletonesque) et lareprésentation du sang dans la culture nippone (jusqu’à ce concept de “sang bouillonnant” – le nekketsu – qu’on retrouve dans bien des titres, de Saint Seiya à Captain Tsubasa en passant par Vagabond). La violence de certains mangas ne se dépare jamais d’un sens moral (aller au-delà de ses limites, respecter l’adversaire). Elle cristallise la pression que la société japonaise fait peser sur chacun de ses membres : le stress des examens, des impératifs personnels et professionnels. Yvan West Laurence a conclu en citant Nietzsche : “Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.

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